mercredi 17 mai 2017

Countryside graffitis

En me promenant par-ci par là, en ville, mais surtout au beau milieu de la campagne, j'ai remarqué qu'on tombe presque tout le temps sur des (morceaux de) matériaux de construction abandonnés à leur sort ou destinés à la déchetterie : carrelages, pavés, marbre, pierre, planches, plastiques... 


Qu'il s'agisse des déchets de travaux en cours, de (futurs) remblais ou, plus tristement, de dépôts sauvages, ces restes de matériaux sont partout.

J'ai commencé à en ramasser, sans trop savoir pourquoi. Quelques semaines plus tard, une idée m'est venue : pourquoi ne pas dessiner et peindre sur ces rebuts, puis aller les reposer quelque part, au gré de mes promenades et autres escapades? C'est ainsi qu'est née l'idée des "Countryside Graffitis".


Mon intention première était de dessiner sur place, directement sur un matériau trouvé en me baladant. Mais j'ai vite réalisé que je n'étais pas à l'aise avec le principe de dessiner à la volée. La peur d'être vu, même si je ne fais rien de mal en soi, m'a dissuadé.

Cependant, je ne voulais pas lâcher l'idée. J'ai donc commencé à mieux choisir mes matériaux, avec une large préférence pour tout ce qui est minéral (carrelages, marbre, pierre, etc), en choisissant des pièces pas trop grandes et pas trop lourdes pour les transporter facilement. 



Pourquoi forcément ces matériaux? Pour leur durabilité et leur solidité. Et, d'une manière plus générale, j'aime bien les "petits bouts de maisons" car ils ont une âme. Des gens ont vécu au contact de ces objets, peut-être même sur plusieurs générations. Ça peut paraître con, mais moi ça me parle. Et c'est encore plus vrai quand je tombe sur un élément assez ancien et / ou qui a été probablement travaillé à la main.

J'ai donc commencé à ramasser et à ramener ces petits bouts de maisons chez moi, pour les décorer à mon aise, planifiant de les embarquer lors des promenades suivantes pour les relâcher dans la nature. 


Pour marquer le coup, il arrive que je les replace de manière à ce qu'ils passent (quasi) inaperçus. Car ce que j'aime aussi dans la démarche, c'est l'idée que ces trucs soit trouvés là où on ne s'y attend vraiment pas, et peut-être qu'ils seront remarqués dans seulement plusieurs mois, années ou décennies. Peut-être même après ma mort. Oui, le plaisir de "laisser une trace" fait partie du projet. Mais ce qui me plaît le plus, c'est l'idée de susciter la curiosité, que les gens en tombant dessus s'interrogent, se demandent ce que ça fout là, qui l'a fait, et ainsi de suite.


Le choix des graphismes tribaux / préhistoriques / rupestres m'a paru une évidence.  C'est venu naturellement. C'est une réminiscence de mon passé graphique lointain, et je les apprécie pour leur aspect à la fois simple et mystérieux. 

On pourrait s'amuser à étudier le rapport lointain entre les abris peints de vos ancêtres de l'âge de pierre, et le fait de reproduire ce genre de peinture sur des éléments de vos "abris" contemporains, mais il s'agit là d'une immonde branlette de cerveau que je laisse volontiers aux mammifères qui aiment se toucher la nouille en produisant des réflexions savantes et opaques pour dire des trucs en réalité simples. Cela dit, si tu veux faire un bouquin inspiré par mes graffitis, contacte-moi, on va rigoler.


Countryside graffitis est une façon de faire du graffiti sans m'en prendre à des biens ou des propriétés, tout en redonnant une peu de vie à des objets balancés et oubliés sans états d'âme, alors qu'ils auraient sûrement bien des histoires à nous raconter s'ils le pouvaient.



Quand au problème de la pollution que je provoquerais, je considère que je ne pollue pas. Au pire, j'ai pris un déchet déjà présent dans la nature, et je l'ai déplacé. De plus, les objets que je favorise ne sont rien d'autre que de la pierre mise en forme par l'Homme... Du minéral pris dans la nature et retourné à la nature. Et si ça emmerde, il suffit de le retirer, de le déplacer, ou de le reprendre chez soi, et voilà un petit objet déco' barré, unique au monde et GRATUIT! 

Sinon, vous pouvez aussi le jeter (mais si vous faites ça, vous êtes vraiment un enculé de monstre insensible, putain de mammifère de fin de race, va crever la gueule ouverte que je chie dans la bouche de ton cadavre).



Voici donc un projet qui risque de m'accompagner longtemps et que j'espère vraiment pérenniser. D'ailleurs, je compte bien le faire voyager et le pratiquer au fil de futurs voyages et visites.

T'as tout lu? Non, j'te crois pas. Avoue que tu as juste regardé les images, trou de balle.

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